Les jeunes sont plus ouverts à devenir américains
RAPHAËL PIRRO
OTTAWA | L’attachement à l’indépendance du Canada est aussi une affaire de génération : 43 % des jeunes de 18 et 34 ans voteraient en faveur de l’annexion aux États-unis, pourvu que la citoyenneté américaine et la conversion au dollar américain soient assurées.
C’est une opinion bien plus répandue que chez les Canadiens de 35 à 55 ans (33 %) et qui rejoint moins d’un Canadien sur cinq âgé de plus de 55 ans (17 %), a constaté la firme Ipsos dans un sondage mené du 9 au 13 janvier auprès de 1000 répondants.
En moyenne, c’est donc près d’un tiers (30 %) des Canadiens qui seraient tentés par ce changement.
Si l’on exclut la question de la citoyenneté et de la monnaie, les Canadiens de tous âges sont largement majoritaires à rejeter l’annexion aux États-unis, aussi bien les plus jeunes (77 %) que les plus vieux (87 %).
MENACES SÉRIEUSES
Par ailleurs, les jeunes semblent prendre les menaces de Donald Trump beaucoup plus au sérieux que leurs concitoyens plus âgés : 65 % d’entre eux disent que ses allusions au 51e État leur font croire que l’indépendance du Canada est « sérieusement en péril ».
Pour les 55 ans et plus, le chiffre fond à 35 %, tandis que chez les 35 à 55 ans, il est à 47 %.
Les 18 à 34 ans sont plus fatalistes : près du tiers (31 %) pensent que « ce n’est qu’une question de temps » avant que les États-unis et le Canada ne convergent en un seul et même pays.
Comme pour les questions précédentes, la gradation de l’opinion suit celle de l’âge : une infime minorité (11 %) des plus de 55 ans pensent que le scénario est plausible contre 21 % pour les 35 à 55 ans.
SÉPARATION À VENIR
Dans la même veine, 35 % des jeunes Canadiens croient que la séparation du Québec et/ou de l’alberta aura lieu dans les 10 prochaines années, contre 27 % des 35 à 55 ans et des 55 ans et plus.
Depuis sa victoire aux élections américaines en novembre, Donald Trump a multiplié les moqueries à l’endroit du Canada.
Sur ses réseaux sociaux, il parle du Canada comme du 51e État américain et du premier ministre Justin Trudeau comme d’un « gouverneur ».
En conférence de presse récemment, il a déclaré qu’il se servirait de la « force économique » pour faire plier le Canada à sa volonté.
Justin Trudeau a répété sur les ondes de CNN et de MSNBC que le Canada « ne deviendra jamais » un État américain.
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