Le métier d’artificier, la passion familiale des Rioux
Moins de risques, mais autant d’adrénaline aux Grands Feux Loto-québec
JEAN-FRANÇOIS RACINE
Encore méconnu, le métier d’artificière comporte moins de risques que par le passé, mais l’adrénaline demeure toujours aussi élevée au moment du tir des feux.
Camille Léonard-rioux, 32 ans, fait partie de l’équipe des Grands Feux Loto-québec depuis plusieurs années déjà.
Même si le terme « artificier » est parfois utilisé à d’autres sauces, Camille Léonard Rioux n’est ni démineuse ni boutefeu, mais spécialiste chargée de la préparation et du tir des feux d’artifice.
Elle assure notamment la préparation, l’installation et la mise à feu des feux à partir de la barge de lancement.
Dans la famille Rioux, la passion brûle depuis fort longtemps et Camille a grandi dans un monde de pyrotechnie, entourée d’explosifs.
« Je voyais mon père, Michel, faire de la conception et le design des feux. Je connais par coeur les bandes sonores de la compagnie dans les années 90. J’étais impatiente d’avoir 18 ans pour passer mon permis ! C’était le plus grand souhait à ma majorité », explique l’artificière qui a aussi beaucoup appris en observant son oncle Claude.
TRANSFORMATION
Pour bien vivre de son art, elle est aussi parfois productrice sur d’autres contrats avec GFA Pyro et actrice comme sa mère, Sylvie Léonard, bien connue du public québécois.
Si le domaine des feux d’artifice a pris un virage vert avec le temps, Camille Léonard Rioux conserve un souvenir qui la fait encore vibrer.
Le lancement manuel appartient au passé et la sécurité s’est améliorée.
« Le volet écologique est important. Les matériaux utilisés ont changé, les composantes chimiques aussi. On a réduit les débris. Au début, j’allumais la plupart de mes feux d’artifice à la main. Ce n’est pas le même feeling, ça me manque beaucoup. C’était vraiment une passion, mais au niveau artistique, c’est plus limité. »
UN DÉFI
En 2024, le milieu demeure majoritairement masculin, mais les femmes font graduellement leur place pour créer une sorte de magie. Le recrutement se fait encore beaucoup de bouche à oreille.
« Notre compagnie porte une attention particulière à ce virage féminin. On se fie sur l’intérêt et la passion. »
À Québec et Lévis, le fleuve Saintlaurent représente pour chaque occasion un défi à apprivoiser.
« Il y a beaucoup de partenaires à coordonner : la voie maritime, la voie aérienne, le Port de Québec, les trois paliers de gouvernement. Il faut aussi songer au maintien de la barge, aux intempéries, les marées, les vagues, le vent. Ce sont des conditions météorologiques supplémentaires. »
L’artificière en a toutefois vu d’autres après une journée de montage à -30 °C pour les feux du Nouvel An à Kuujjuaq.
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